(Actualisé avec détails et citation de l'un des manifestants §§1-5 et 11)
Les forces de sécurité nigérianes ont ouvert le feu vendredi après que des habitants sont descendus dans les rues à Minna, ville du centre du pays, pour dénoncer le décès de 37 mineurs alors qu'ils étaient placés en détention par un groupe paramilitaire.
Les victimes ont été retrouvées mortes jeudi dans les cellules du Corps nigérian de sécurité et de défense civile (NSCDC), qui avait mené un raid contre des mines d'or présumées illégales.
Lors des manifestations, au moins un corps a été aperçu gisant dans la rue.
Selon un témoin, certaines personnes étaient armées de bâtons, de machettes et de fusils de chasse traditionnels. D'autres ont tenté de mettre le feu à des bâtiments administratifs dans le quartier de Tunga.
"Nous ne sommes pas des voleurs : nous cherchons simplement à gagner notre vie grâce à l'exploitation minière", a déclaré Yusuf Auwal, un mineur qui s'est joint aux manifestants.
LA PROMESSE D'UNE ENQUETE
Le NSCDC a indiqué que des raids ont été menés les 15 et 16 septembre contre des mines présumées illégales dans la région de Wushishi-Lukoto, à l'ouest de la ville. L'agence avait initialement évoqué la possibilité d'une épidémie comme cause de la mort des détenus, mais a ensuite précisé que celle-ci n'avait pas été établie et qu'elle serait déterminée par des examens médicaux.
Shafa'atu Suleiman a raconté qu'elle avait rendu visite à son fils Abdullahi, placé en détention, et l'avait trouvé dans une cellule exiguë de la NSCDC, avant d'apprendre son décès.
"Les responsables avaient refusé que les proches apportent de la nourriture aux détenus et avaient exigé 100.000 nairas (65,33 euros) pour les libérer", a-t-elle expliqué.
Les responsables de la NSCDC n'ont pas répondu aux multiples demandes de commentaires concernant ses accusations.
Le ministre de l’Intérieur, Olubunmi Tunji-Ojo, a ordonné la suspension immédiate de son commandant Suberu Siyaka Aniviye, dans l’attente des conclusions d’une enquête approfondie.
Les victimes ont été inhumées jeudi en fin de journée, conformément à la tradition islamique, ce qui soulève des questions quant à savoir si les autorités procéderont à d'autres examens médico-légaux pour déterminer la cause du décès et de quelle manière.
(Reportage Ibrahim Ndamitso à Minna et Ahmed Kingimi à Maiduguri, Rédigé par Ben Ezeamalu et David Lewis; version française Rihab Latrache, édité par Augustin Turpin)

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